Voir la vidéo en accès libre du Conseil communautaire de l’agglomération paloise du 24 11 2025 (à partir de la minute 23’30)
et l’article ci-contre de la République des Pyrénées 25/11/2025
AGGLO
Mardi 25 novembre 2025
Les élus n’embarquent pas dans la Pau-Canfranc
Le projet de réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc s’est invité au conseil communautaire de ce lundi 24 novembre. Plusieurs élus demandent à la Région davantage d’explications sur ce chantier.
Le projet de réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc ne faisait pas partie des 37 points inscrits à l’ordre du jour du conseil communautaire de ce lundi 24 novembre. Mais le président de l’Agglomération, François Bayrou, en voulant dire « un mot » sur le sujet lors de son préambule a ouvert un long débat entre élus. « J’ai été constamment le seul à être pour la ligne Pau-Canfranc », a rappelé François Bayrou avant de préciser qu’il défendait une ligne à destination des voyageurs et d’un « fret modéré ». L’élu conteste la possibilité de « rames de 400 m qui passeraient au rythme de plusieurs dizaines, près de 100 par jour. Tout ceci n’est pas raisonnable ».Contre un trafic déraisonnable
Et de répéter, « je suis favorable, je l’ai toujours été, à ce que ce train retrouve sa capacité à favoriser les échanges humains et le fret léger. Je suis en désaccord avec ce dont on nous menace. C’est-à-dire des trafics qui seraient déraisonnables avec des tonnages déraisonnables ». « Monsieur le président, je crains fort que la nature et le développement de ce projet me conduisent à penser qu’on s’est embarqué sur une autre dimension », a repris Michel Bernos, le maire de Jurançon, qui a déjà publiquement exprimé son opposition au projet ferroviaire.« Ce qui est inquiétant, c’est que nous avons face à nous une plateforme en Espagne qui aspire à être l’entrée sud du transport de marchandises vers l’Europe du Nord. Nous savons pertinemment que les équilibres financiers ne peuvent se faire qu’avec du fret et du fret en très grande quantité. »
La concertation remise en cause
Le maire de Gelos, Pascal Mora, également déjà partie prenante dans la lutte contre le projet, a estimé que ce dernier ne serait « pas neutre pour notre agglomération. Nous serons juste un point de passage dans le commerce international. On n’a pas construit un aussi beau territoire pour qu’aujourd’hui la Région choisisse pour nous ». Et de citer un impact sur les communes d’Artix, Billière ou Lescar. « C’est la moitié de l’agglomération qui sera concernée », a-t-il affirmé. Francis Pées, le maire de Gan, a rejoint, lundi soir, ses collègues gelosien et jurançonnais, annonçant qu’il s’opposerait au passage des trains.« 50 trains par jour en plein centre-ville. C’est trop de nuisances. »Estimant que la concertation menée par la SNCF à l’automne dernier a manqué de transparence, ces élus ont demandé à la Région davantage d’explications.
« Quelle est la vraie nature du projet ? Notre question est légitime. »
Rendre le projet acceptable
L’élu écologiste palois Jean-François Blanco, par ailleurs conseiller régional, a souligné « la nécessité du remplacement du trafic routier, du trafic des poids lourds par le transport ferroviaire » dans cette période de changement climatique. Avant de se dire « perplexe » quant à la découverte du projet par les élus de l’agglomération cet été : « si vous êtes passés à côté de cette concertation, c’est regrettable ». « Il est fondamental que ce projet ait un périmètre, un contenu qui soit acceptable pour les habitants et les habitants de notre agglomération », a approuvé le conseiller, rejoint par le socialiste palois Jérôme Marbot qui a lui aussi parlé « d’acceptabilité » qu’elle soit technique ou par les habitants. Sentant que « personne ne conteste l’intérêt public de ce projet », il a concédé qu’il n’était « pas persuadé qu’un trafic massif de fret soit compatible avec l’aménagement de la voie ». À l’échelle de l’agglomération, il a ainsi proposé de travailler sur des murs anti-bruit et des passages à niveau pour réduire les nuisances.« Essayez de convaincre les Palois et les habitants de l’agglomération pour qu’ils payent des murs anti-bruit et des tunnels chaque fois que la voie croise la rocade. […] Je regrette, je considère que nous irions à l’encontre de l’intérêt de nos concitoyens, si nous allions dépenser l’argent public pour quelque chose qui va nuire. » — François Bayrou
Florence Chevalier