Cyrille MARCONI – Candidat Commune de Pau
Réponse Pyrénnées Bien Commun sur le projet de réouverture de la ligne Pau-Canfranc
Je vous remercie de m’avoir adressé votre courrier à propos de la réouverture de la ligne Pau-Canfranc. Ce projet est bien représentatif de la manière dont est conçu l’aménagement du territoire dans la société capitaliste. Les besoins de la population, le souci du respect de l’environnement ne sont jamais pris en considération et seuls comptent les intérêts des bétonneurs, des constructeurs qui vont se charger des travaux. Ce sont plusieurs centaines de millions d’euros d’argent public qui iront gonfler les portefeuilles des actionnaires de ces groupes et il est bon que les habitants de la vallée d’Aspe mais aussi toute la population de la région mettent leur nez dans cette affaire et demandent des comptes aux décideurs. C’est d’ailleurs un aspect que nous voulons particulièrement mettre en avant dans ces élections municipales. Pour changer leur sort il faut que les travailleurs et toute la population le prennent en main, ne soient pas spectateurs des politiciens professionnels qui prennent des décisions à leur place où l’intérêt de la population n’est jamais la priorité.
Aussi, je ne peux que partager les craintes que vous exprimez dans votre lettre que ce soit en ce qui concerne l’utilisation de l’argent public, la dégradation de la nature que ce type de projet risque d’engendrer mais aussi l’utilité d’une telle ligne dont il n’est même pas certain qu’elle diminue le trafic des camions dans la vallée. Selon moi, elles justifient que l’on soit opposé à ce projet.
Elles le justifient d’autant plus que personne ne peut croire que la SNCF mène un projet aujourd’hui dans l’intérêt de la population alors que toute sa politique depuis des années est marquée par le manque de personnel et d’investissement dans l’entretien des voies et du matériel, encore plus sur les réseaux secondaires. Cela pénalise les usagers qui, dans leur grande majorité, sont des travailleurs. Les retards accumulés leur causent des problèmes vis-à-vis de leurs employeurs, sans compter le stress et la fatigue supplémentaire. A cela s’ajoute le mépris de la direction de la SNCF, qui ne se donne souvent pas la peine de diffuser des informations, et encore moins de réparer les préjudices subis. La SNCF devient de moins en moins un service public pour devenir un service commercial à la recherche de la rentabilité. Les gouvernements ont tous poussé la SNCF à devenir rentable : en fermant des lignes secondaires, en donnant la priorité aux trains qui rapportent le plus. Cette dégradation rejoint d’ailleurs celle des autres services publics indispensables, éducation, santé, logement social, etc., l’État faisant des économies sur tous ces secteurs pour distribuer des milliards aux banques ou aux grandes entreprises capitalistes sous prétexte de les « sauver » ou de les « aider à surmonter la crise ». Les grands travaux et les montagnes d’argent public qui y sont affectés comme celui que vous dénoncez en font partie.
Dans la campagne des municipales nous ne voulons cependant pas nous contenter de manifester notre opposition à tel ou tel projet. Dans la société capitaliste, même si certains travaux sont utiles, ce n’est jamais l’intérêt de la population qui prime. Le problème fondamental que nous voulons mettre en avant c’est que le moteur de toute l’économie c’est la loi du profit et la concurrence. Ce qui détermine que des choses sont construites ou pas c’est combien de profit les capitalistes vont pouvoir se mettre dans la poche. C’est pour cela que même dans un pays riche comme la France tant de besoins fondamentaux comme l’accès à l’eau potable ne sont pas satisfaits comme à Mayotte par exemple alors que 10 milliards vont être utilisés par l’État français pour fabriquer un nouveau porte-avion. Car le capitalisme n’est pas seulement responsable d’un immense gaspillage d’argent public c’est aussi un système où la rapacité des milliardaires qui le dirigent mène tout droit les peuples dans une nouvelle boucherie mondiale.
Il faut arrêter cette folie et nous voulons convaincre que cela ne dépend de telle ou telle majorité au conseil municipal ou au conseil d’agglo. Elle ne peut être que complice ou au mieux impuissante face au pouvoir que les capitalistes, forts de leur propriété sur ce qui nous est le plus indispensable, exerce sur la société. Tout dépend des travailleurs. Puisque ce sont eux qui fabriquent tout dans la société, pour que leur travail soit organisé dans l’intérêt de tous, il faut que ce soient eux qui prennent les commandes de l’économie à l’échelle mondiale. Une telle révolution sociale internationale est la condition pour que l’économie soit organisée rationnellement et que la production comme les transports des biens que les travailleurs fabriquent soient réalisés pour satisfaire les besoins de l’humanité sans détruire l’environnement.
Cyrille Marconi

